La transmission d'entreprise est un projet de vie qui nécessite une préparation rigoureuse. Que vous soyez chef d'entreprise souhaitant céder votre société ou repreneur en quête d'une opportunité, comprendre les étapes de la cession, maîtriser les enjeux fiscaux et évaluer correctement la valeur de l'entreprise sont des compétences essentielles pour réussir cette opération stratégique.
En France, 75 000 entreprises se transmettent chaque année, mais près de 30 000 disparaissent faute de repreneur. Cette réalité souligne l'importance d'une préparation méthodique et d'une connaissance approfondie du cadre juridique et fiscal, notamment avec les évolutions législatives de 2026.
Dans cet article, nous vous guidons à travers toutes les dimensions d'une transmission d'entreprise : du diagnostic initial à la signature finale, en passant par les méthodes de valorisation et les optimisations fiscales possibles.
Résumé en bref
- Type de transmission : Cession à titre onéreux (vente), donation ou succession, selon que la transmission est familiale ou externe.
- Durée du processus : Entre 12 et 24 mois en moyenne, de la préparation au closing.
- Fiscalité 2026 : Droits d'enregistrement de 0,1% (actions) à 3% (parts sociales), avec possibilité d'exonération partielle via le Pacte Dutreil (75%).
- Valorisation : Méthodes par multiples (EV/EBITDA entre 3x et 8x pour les PME), par les flux (DCF) ou patrimoniale selon le profil de l'entreprise.
- Acteurs clés : Notaire, expert-comptable, avocat fiscaliste, et organismes d'accompagnement comme Bpifrance et les CCI.
Qu'est-ce que la transmission d'entreprise ?
La transmission d'entreprise désigne l'opération par laquelle un chef d'entreprise transfère la propriété et le contrôle de son entreprise à un repreneur. Cette opération peut prendre différentes formes juridiques et fiscales selon le contexte familial, le type d'acquéreur et les objectifs patrimoniaux du cédant.
Contrairement à une simple transaction commerciale, la transmission d'entreprise engage des dimensions humaines, opérationnelles et stratégiques qui vont au-delà du transfert de propriété. Elle implique souvent un accompagnement du cédant pour assurer la continuité de l'activité et préserver les emplois.
Les différents types de transmission
On distingue deux grandes catégories de transmission selon la contrepartie :
- La transmission à titre onéreux correspond à une vente classique où l'entreprise est cédée contre un prix. Le cédant vend ses titres (actions ou parts sociales) ou son fonds de commerce à un repreneur externe, à un membre de sa famille ou à ses salariés. Cette forme de transmission génère une plus-value imposable et implique le paiement de droits d'enregistrement.
- La transmission à titre gratuit intervient dans un cadre familial via une donation du vivant ou une succession au décès du dirigeant. Aucun prix n'est versé, mais des droits de mutation à titre gratuit sont exigibles, sauf dispositifs d'exonération comme le Pacte Dutreil.
On peut également classer les transmissions selon le type de repreneur :
- Transmission familiale : au sein de la famille (enfants, conjoint)
- Transmission interne : reprise par les salariés ou cadres dirigeants (MBO)
- Transmission externe : cession à un tiers non lié à l'entreprise
Enfin, la transmission peut porter sur :
- Les titres sociaux (parts de SARL, actions de SAS/SA)
- Le fonds de commerce (actifs d'exploitation, clientèle, matériel)
Les entreprises de moins de 250 salariés sans CSE doivent informer leurs salariés au moins 2 mois avant toute cession de fonds de commerce. Le non-respect de cette obligation peut entraîner la nullité de la cession et des sanctions financières.
Chaque configuration a ses propres implications juridiques et fiscales qu'il convient d'analyser avec des professionnels.
Les étapes clés d'une transmission d'entreprise réussie
Une transmission d'entreprise réussie repose sur un processus structuré en plusieurs phases. La durée totale s'étend généralement sur 12 à 24 mois, un délai incompressible pour assurer la qualité de l'opération et minimiser les risques.
Phase de préparation (12-24 mois avant)
La préparation est la phase la plus critique. Elle débute par un diagnostic de transmissibilité qui évalue l'attractivité de l'entreprise pour un repreneur potentiel. Ce diagnostic porte sur :
- la situation financière
- la dépendance au dirigeant actuel
- la qualité des processus
- la concentration de la clientèle
- la conformité réglementaire.
Cette phase inclut également un travail d'assainissement :
- mise à jour des documents juridiques
- résolution des contentieux en cour
- optimisation de la structure bilantaire
- clarification de la situation fiscale.
L'objectif est de présenter une entreprise « prête à céder » sans zones d'ombre susceptibles de faire échouer la transaction.
Le cédant doit également réfléchir à son projet personnel post-cession :
- retraite
- nouvelle activité
- reconversion.
Cette dimension psychologique ne doit pas être négligée car elle conditionne la qualité de l'accompagnement qu'il pourra offrir au repreneur.
Valorisation de l'entreprise
L'évaluation de l'entreprise constitue une étape incontournable qui sera développée dans la section suivante. Elle permet de fixer un prix de vente réaliste, ni trop élevé (qui bloquerait la vente), ni trop faible (qui pénaliserait le cédant).
Cette valorisation doit être réalisée par un expert-comptable ou un commissaire aux apports pour garantir sa crédibilité auprès des acquéreurs et des banques.
Recherche du repreneur et négociation
Une fois l'entreprise valorisée, le cédant peut lancer la mise en marché via plusieurs canaux :
- plateformes spécialisées (Transentreprise, Fusacq)
- mandats auprès de cabinets de conseil en transmission
- approche directe de repreneurs identifiés.
La discrétion est souvent nécessaire pour éviter de déstabiliser les clients, fournisseurs et salariés.
Les candidats repreneurs signent un accord de confidentialité avant d'accéder aux informations détaillées. Après plusieurs rencontres, une lettre d'intention (LOI) formalise l'intérêt du repreneur avec un prix indicatif et les conditions suspensives (obtention du financement, résultat de l'audit).
La phase de due diligence permet au repreneur d'auditer en profondeur l'entreprise sur les plans juridique, fiscal, social, financier et opérationnel. Cet audit peut révéler des points de vigilance qui donneront lieu à des ajustements de prix ou à des garanties spécifiques.
Rédaction des actes et closing
La contractualisation débute par la rédaction du protocole d'accord (ou SPA - Share Purchase Agreement). Ce document détaille les conditions de la cession :
- périmètre
- prix définitif
- modalités de paiement
- garanties d'actif et de passif (GAP)
- clauses d'ajustement de prix
- conditions suspensives.
La garantie d'actif et de passif protège le repreneur contre la découverte de passifs non déclarés ou de litiges antérieurs à la cession. Elle fixe un plafond d'indemnisation et une durée (généralement 18 à 36 mois).
Le closing correspond au jour de signature définitive où les titres sont transférés et le prix payé. L'ensemble des actes (protocole d'accord, garantie d'actif et de passif, mandats) peuvent être signés via une signature électronique sécurisée conforme au règlement eIDAS, accélérant ainsi le processus tout en garantissant leur valeur juridique.
S'en suivent les formalités administratives :
- enregistrement fiscal
- publication au BODACC
- déclarations sociales et fiscales.
Une phase de transition de 6 à 12 mois permet au cédant d'accompagner le repreneur, de présenter les clients clés et de transférer le savoir-faire opérationnel.
Comment valoriser une entreprise à transmettre ?
La valorisation d'entreprise est un exercice complexe qui combine plusieurs approches pour aboutir à une fourchette de prix réaliste. Aucune méthode n'est absolue : chaque approche apporte un éclairage complémentaire.
Les principales méthodes de valorisation
L'approche patrimoniale évalue l'entreprise sur la base de ses actifs nets. La méthode de l'Actif Net Comptable (ANC) calcule la différence entre l'actif total et les dettes au bilan. L'Actif Net Corrigé (ANC) va plus loin en réévaluant certains actifs à leur valeur de marché (immobilier, stocks, créances) et en ajoutant des provisions non comptabilisées. Cette méthode est pertinente pour les entreprises à forte intensité d'actifs (industrie, immobilier) mais ignore la rentabilité future.
L'approche par les flux repose sur la rentabilité. La méthode des multiples de valorisation est la plus utilisée en pratique pour les PME. Elle consiste à appliquer un multiple au résultat d'exploitation (EBITDA ou EBE).
Par exemple, une entreprise générant 500 000 € d'EBITDA normalisé et valorisée à un multiple de 5x vaudra 2,5 millions d'euros. Les multiples observés en France pour les TPE/PME se situent généralement entre 3x et 8x l'EBITDA, selon le secteur, la taille, la croissance et la qualité des actifs incorporels.
La méthode du DCF (Discounted Cash Flow) actualise les flux de trésorerie futurs prévisionnels sur 5 à 10 ans. Elle est plus sophistiquée mais très sensible aux hypothèses de croissance et au taux d'actualisation retenu. Elle convient mieux aux entreprises en croissance avec une visibilité pluriannuelle.
Les méthodes mixtes combinent approche patrimoniale et rentabilité via le calcul d'un goodwill (survaleur). Le goodwill représente la capacité de l'entreprise à générer une rentabilité supérieure à la moyenne du secteur. Il est calculé en capitalisant la rente de surprofit sur une durée limitée.
Bon à savoir
La valorisation d'une entreprise varie significativement selon que vous êtes cédant ou repreneur. Le cédant valorise souvent son « œuvre de vie » au-delà des chiffres, tandis que le repreneur applique des critères de rentabilité stricte.
Les facteurs qui influencent la valorisation
Plusieurs paramètres impactent directement la valorisation :
- La rentabilité normalisée : L'EBITDA doit être retraité pour éliminer les éléments non récurrents (subventions exceptionnelles, charges ou produits ponctuels) et ajuster la rémunération du dirigeant au niveau de marché. Un dirigeant surpayé ou sous-payé fausse l'analyse.
- La dépendance au dirigeant : Plus l'entreprise repose sur les compétences, les relations et la présence du dirigeant actuel (on parle de « Key Man Risk »), plus sa valorisation sera pénalisée. Un repreneur recherche une organisation autonome avec des processus documentés et une équipe capable de fonctionner sans le fondateur.
- La concentration de la clientèle : Si un seul client représente plus de 15-20% du chiffre d'affaires, le risque de perte brutale d'activité augmente significativement. La diversification du portefeuille clients est un facteur de valorisation majeur.
- La récurrence du chiffre d'affaires : Les modèles d'abonnement (SaaS, contrats pluriannuels) sont valorisés plus cher car ils offrent une visibilité et une prévisibilité supérieures.
- Les actifs incorporels : Une marque reconnue, des brevets, un savoir-faire protégé ou une base de données clients qualifiée augmentent la valeur de l'entreprise au-delà de ses seuls actifs tangibles.
- Enfin, la dette nette (dettes financières moins trésorerie) et le besoin en fonds de roulement (BFR) sont des ajustements systématiques. Le prix négocié correspond généralement à la valeur des fonds propres (valeur d'entreprise - dette nette), avec un mécanisme d'ajustement si la dette ou le BFR au closing diffèrent de la cible.
La fiscalité de la transmission d'entreprise en 2026
La fiscalité représente un enjeu financier majeur dans toute transmission d'entreprise. Les évolutions législatives de 2026 ont durci certaines conditions d'exonération, rendant l'optimisation fiscale plus délicate mais toujours possible avec un accompagnement expert.
Fiscalité des transmissions à titre onéreux
Dans le cadre d'une cession à titre onéreux (vente), deux types d'impositions s'appliquent.
Les plus-values professionnelles taxent le gain réalisé par le cédant. Pour les entreprises soumises à l'impôt sur le revenu (IR), les plus-values à long terme (détention >2 ans) sont imposées au taux de 12,8% plus les prélèvements sociaux de 17,2%, soit un taux global de 30% (prélèvement forfaitaire unique - PFU).
Des exonérations existent selon le chiffre d'affaires :
- Exonération totale si CA ≤ 250 000 € (ventes) ou 90 000 € (services) selon l'article 151 septies du CGI
- Exonération partielle dégressive entre ces seuils et 350 000 € / 126 000 €
- Exonération totale en cas de départ à la retraite si la cession intervient dans les 24 mois suivant la cessation d'activité et sous les mêmes seuils de CA
Pour les sociétés à l'IS, la plus-value est intégrée au résultat imposable au taux normal de l'IS (25% en 2026, ou 15% sur les premiers 42 500 € pour les PME éligibles).
Les droits d'enregistrement varient selon l'objet de la cession :
Type de cession | Taux | Abattement |
|---|---|---|
Actions (SAS, SA) | 0,1% | Aucun |
Parts sociales (SARL) | 3% | 23 000 € |
Fonds de commerce | 0% puis 3% puis 5% | 23 000 € puis 200 000 € |
Un abattement spécifique de 300 000 € s'applique en cas de cession à un salarié (CDI depuis 2 ans minimum) ou à un membre de la famille, sous condition de poursuite de l'exploitation pendant 5 ans.
Cotisations sociales sur cessions
Les plus-values mobilières sont soumises aux prélèvements sociaux portés à 18,6% en 2026 (dont CSG à 10,6%). Le taux global d'imposition (PFU + prélèvements sociaux) atteint donc 31,4% pour une cession de titres.
Fiscalité des transmissions à titre gratuit
Les donations et successions sont soumises aux droits de mutation à titre gratuit selon un barème progressif pouvant atteindre 45% pour les montants les plus élevés en ligne directe (parent-enfant).
Des abattements permettent de réduire la base taxable :
Bénéficiaire | Montant |
|---|---|
Enfant (ligne directe) | 100 000 € par parent |
Petit-enfant | 31 865 € |
Conjoint/PACS | 80 724 € (succession : exonération totale) |
Don familial sommes d'argent | 31 865 € (donateur <80 ans, donataire majeur) |
Ces montants sont renouvelables tous les 15 ans, mais restent largement insuffisants pour transmettre une entreprise de taille moyenne sans fiscalité significative.
Le Pacte Dutreil : économiser 75% des droits
Le Pacte Dutreil (articles 787 B et 787 C du CGI) constitue le dispositif d'optimisation fiscale le plus puissant pour les transmissions familiales. Il permet une exonération de 75% de la valeur des titres ou de l'entreprise individuelle transmise par donation ou succession.
Conditions d'application en 2026 (réforme Loi de Finances 2026) :
- Engagement collectif de conservation : les associés détenant au moins 34% des droits de vote et 17% des droits financiers doivent s'engager à conserver pendant 2 ans minimum.
- Engagement individuel : les héritiers ou donataires doivent conserver les titres pendant 6 ans (allongé de 4 à 6 ans en 2026).
- Fonction de direction : l'un des signataires doit exercer une fonction de direction (gérant, directeur général, membre du directoire) pendant au moins 5 ans (pendant l'engagement collectif + 3 ans après).
- Actifs éligibles : seuls les actifs professionnels opérationnels sont éligibles. La réforme 2026 exclut désormais les biens de chasse/pêche, bateaux de plaisance, véhicules de luxe et logements non affectés exclusivement à l'activité.
Attention
Le non-respect des engagements du Pacte Dutreil pendant les 8 ans (2 ans + 6 ans) entraîne la remise en cause totale de l'exonération de 75%, avec paiement rétroactif des droits, majoration de 40 à 80%, et intérêts de retard. Un accompagnement juridique rigoureux par un notaire et un avocat fiscaliste est indispensable.
Exemple chiffré :
Sur une transmission de 2 millions d'euros à 2 enfants (1 M€ chacun), sans Pacte Dutreil, les droits s'élèveraient à environ 380 000 €. Avec Pacte Dutreil, la base taxable est réduite à 500 000 € (25% de 2 M€), soit des droits d'environ 70 000 € après abattements. L'économie fiscale atteint 310 000 €.
Le Pacte Dutreil est cumulable avec :
- La réduction de 50% si le donateur a moins de 70 ans (donation en pleine propriété)
- Le démembrement de propriété (donation de la nue-propriété)
- Le paiement différé et fractionné des droits
Selon le Code général des impôts (article 787 B), le Pacte Dutreil permet une exonération de 75% des droits de mutation « sous réserve du respect d'engagements collectifs et individuels de conservation ».
Les acteurs à mobiliser pour votre transmission
Réussir une transmission d'entreprise nécessite de s'entourer de professionnels compétents et de mobiliser les dispositifs d'accompagnement publics et privés.
Le notaire
Le notaire intervient obligatoirement pour les donations et successions, ainsi que pour toute cession impliquant un bien immobilier ou un fonds de commerce. Il sécurise juridiquement l'opération, rédige les actes authentiques et calcule les droits fiscaux. Pour les transmissions familiales avec Pacte Dutreil, son expertise est indispensable.
L'expert-comptable
L'expert-comptable réalise le diagnostic financier, la valorisation de l'entreprise, l'audit d'acquisition et conseille sur les retraitements comptables nécessaires. Il accompagne également les déclarations fiscales post-cession (plus-values, droits d'enregistrement).
Il est recommandé de « privilégier une approche multicritères combinant multiples de valorisation, DCF et actif net corrigé pour obtenir une fourchette réaliste » lors de l'évaluation d'une entreprise.
L'avocat fiscaliste
L'avocat fiscaliste structure l'opération pour optimiser la fiscalité (apport-cession, holding de reprise, démembrement) et rédige le protocole d'accord avec les clauses de garantie d'actif et de passif.
Bpifrance propose plusieurs outils dédiés à la transmission :
- Prêt Transmission : de 40 000 € à 1,5 M€, sans garantie, pour financer jusqu'à 40% de l'acquisition
- Garantie Transmission : couverture de 60 à 70% du prêt bancaire, facilitant l'obtention du crédit
- Bourse de la Transmission : plateforme en ligne avec plus de 45 000 annonces d'entreprises à reprendre
60% des transmissions non préparées échouent ou se soldent par une valorisation inférieure de 20 à 40% à la valeur réelle.
Les Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI)
Les Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI) disposent de conseillers spécialisés en transmission-reprise (CRA) et animent la plateforme Transentreprise (6 607 offres en ligne) commune avec les Chambres de Métiers et de l'Artisanat (CMA).
Les réseaux d'accompagnement
Les réseaux d'accompagnement comme Initiative France (prêts d'honneur à taux zéro jusqu'à 40 000 €) et Réseau Entreprendre (mentorat par des chefs d'entreprise) apportent un soutien financier et humain précieux aux repreneurs.
Solution de signature électronique
Pour sécuriser l'ensemble des documents contractuels échangés pendant la transmission (protocoles, mandats, accords de confidentialité), une solution de signature électronique comme Yousign permet d'accélérer les processus tout en garantissant la conformité juridique.
Les signatures électroniques avancées et qualifiées proposées par Yousign répondent aux exigences du Code civil et du règlement eIDAS pour tous vos actes de cession.
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Les risques à anticiper lors d'une transmission
Toute transmission d'entreprise comporte des risques qu'il convient d'identifier et d'anticiper pour éviter que l'opération n'échoue ou ne se révèle décevante.
Important
Selon les études Bpifrance, 30% des reprises d'entreprise échouent dans les 7 premières années. Les causes principales : audit d'acquisition insuffisant (passifs cachés), sous-estimation du besoin en fonds de roulement (asphyxie de trésorerie), et dépendance excessive au dirigeant cédant (perte de clients clés).
Le risque de dépendance au dirigeant (Key Man Risk) constitue le premier frein. Si l'activité repose essentiellement sur les compétences, les relations commerciales ou la réputation personnelle du cédant, le repreneur aura du mal à pérenniser le chiffre d'affaires. Ce risque se matérialise souvent par la perte de clients clés dans les 12 mois suivant la cession.
Les passifs cachés représentent un danger majeur :
- contentieux prud'homaux non provisionnés
- redressements fiscaux ou URSSAF en cours
- pollution des sols sur un site industriel
- travail dissimulé.
La due diligence doit être exhaustive et la garantie d'actif et de passif (GAP) correctement calibrée pour couvrir ces risques sur 18 à 36 mois.
La concentration de la clientèle fragilise l'entreprise. Si un seul client représente plus de 20% du chiffre d'affaires et décide de changer de fournisseur après la transmission, la rentabilité s'effondre. Le repreneur doit identifier ces dépendances et prévoir un plan de diversification.
Le financement insuffisant conduit de nombreuses reprises à l'échec. Un repreneur qui sous-estime le besoin en fonds de roulement (BFR) nécessaire au fonctionnement courant se retrouve rapidement en difficulté de trésorerie. Les banques exigent généralement un apport personnel de 20 à 30% et des garanties solides.
Les erreurs de conformité réglementaire (RGPD, licences logicielles, autorisations d'exploitation) peuvent bloquer l'opération au dernier moment ou générer des coûts de mise en conformité imprévus. Un audit juridique préalable est indispensable.
Enfin, la précipitation tue les projets de transmission. Céder sous pression (problème de santé, besoin urgent de liquidités) conduit à brader l'entreprise ou à accepter des conditions défavorables. Une transmission se prépare sur 2 à 3 ans minimum.
Conclusion
La transmission d'une entreprise est un projet complexe qui mobilise des compétences juridiques, fiscales, financières et humaines. Réussir cette opération nécessite une préparation méthodique dès 12 à 24 mois avant la cession envisagée, une valorisation réaliste basée sur plusieurs méthodes complémentaires, et une optimisation fiscale adaptée à votre situation familiale et patrimoniale.
Les évolutions législatives de 2026, notamment le durcissement des conditions du Pacte Dutreil, rendent l'accompagnement par des professionnels encore plus indispensable. Que vous soyez cédant ou repreneur, entourez-vous d'experts (notaire, avocat fiscaliste, expert-comptable) et mobilisez les dispositifs d'aide publics (Bpifrance, CCI) pour sécuriser chaque étape de votre projet de transmission.
FAQ
Combien de temps faut-il pour transmettre une entreprise ?
La durée totale d'une transmission d'entreprise s'étend généralement sur 12 à 24 mois, de la phase de préparation au closing. Cette période inclut le diagnostic initial (2-4 mois), la recherche du repreneur (3-12 mois), la due diligence (2-6 mois) et la négociation des actes (1-3 mois). La transmission ne s'arrête pas au closing : une phase de transition de 6 à 12 mois permet au cédant d'accompagner le repreneur pour assurer la continuité de l'activité.
Quelle est la différence entre céder des titres et céder un fonds de commerce ?
La cession de titres (actions ou parts sociales) transfère la propriété de la société elle-même, avec tous ses actifs, passifs et contrats. Le repreneur devient associé et la personnalité juridique de l'entreprise reste inchangée. La cession de fonds de commerce transfère uniquement les actifs d'exploitation (clientèle, matériel, marque, stock) sans reprendre les dettes ni la structure juridique. Fiscalement, les droits d'enregistrement diffèrent : 0,1% pour les actions, 3% pour les parts de SARL (avec abattement de 23 000 €), et un barème progressif pour le fonds de commerce.
Comment fonctionne le Pacte Dutreil en 2026 ?
Le Pacte Dutreil permet d'exonérer 75% de la valeur d'une entreprise transmise par donation ou succession. En 2026, il faut respecter trois engagements : un engagement collectif de conservation de 2 ans minimum (34% des droits de vote), un engagement individuel des héritiers/donataires de 6 ans (allongé en 2026), et l'exercice d'une fonction de direction pendant 5 ans. La réforme 2026 exclut désormais les actifs non professionnels (immobilier résidentiel, biens de luxe). Sur une transmission de 2 millions d'euros, l'économie fiscale peut atteindre 300 000 €.
Quelles sont les méthodes de valorisation les plus utilisées pour les PME ?
Pour les TPE/PME, la méthode des multiples de valorisation est la plus répandue. Elle consiste à appliquer un multiple (généralement entre 3x et 8x) à l'EBITDA normalisé de l'entreprise. Par exemple, une PME générant 400 000 € d'EBITDA valorisée à 5x vaut 2 millions d'euros (valeur d'entreprise), dont on déduit la dette nette pour obtenir la valeur des fonds propres. Les autres méthodes (actif net corrigé, DCF) servent de points de comparaison. La valorisation finale résulte d'une négociation entre cédant et repreneur, tenant compte des spécificités de l'entreprise.
Quels sont les principaux risques lors de la reprise d'une entreprise ?
Les principaux risques sont : le Key Man Risk (dépendance excessive au dirigeant cédant), les passifs cachés non détectés lors de l'audit (contentieux, redressements fiscaux), la concentration de la clientèle (perte de clients clés post-cession), le financement insuffisant (sous-estimation du BFR nécessaire), et les problèmes de conformité réglementaire (RGPD, licences, autorisations). Une due diligence exhaustive et une garantie d'actif et de passif correctement négociée permettent de limiter ces risques. Il est également recommandé de prévoir une période d'accompagnement du cédant de 6 à 12 mois.
Quelles aides financières existent pour financer une reprise d'entreprise ?
Plusieurs dispositifs existent : le Prêt Transmission de Bpifrance (40 000 € à 1,5 M€ sans garantie), la Garantie Transmission Bpifrance (couverture 60-70% du prêt bancaire), les prêts d'honneur à taux zéro d'Initiative France (jusqu'à 40 000 €, 70 000 € en Île-de-France) ou du Réseau Entreprendre, l'ARCE (60% des droits au chômage capitalisés pour les demandeurs d'emploi), et diverses aides régionales. Le crédit-vendeur (paiement échelonné d'une partie du prix au cédant) est également une solution de financement complémentaire courante. Un apport personnel de 20 à 30% reste généralement exigé.
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