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Clause de force majeure : définition, rédaction et activation

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La clause de force majeure est un mécanisme contractuel qui permet de suspendre ou de rompre un contrat lorsqu'un événement imprévisible et irrésistible empêche son exécution. Depuis la réforme du droit des contrats en 2016, la force majeure bénéficie d'un cadre juridique précis qui renforce sa sécurité juridique. Pour les entreprises, bien comprendre ce mécanisme est essentiel pour anticiper les risques et protéger leurs intérêts contractuels.

Aujourd'hui, rédiger une clause de force majeure claire et complète constitue un enjeu majeur pour sécuriser vos contrats commerciaux, vos contrats de travail ou vos contrats de prestation.

Dans cet article, nous vous expliquons ce qu'est la force majeure, comment rédiger une clause efficace, et quelle procédure suivre pour l'invoquer en toute conformité.

Résumé en bref :

  • Définition légale : La force majeure désigne un événement échappant au contrôle du débiteur, imprévisible lors de la conclusion du contrat, et dont les effets ne peuvent être évités par des mesures appropriées (article 1218 du Code civil).
  • Conditions de validité : Trois critères cumulatifs sont exigés : extériorité, imprévisibilité et irrésistibilité. L'absence d'un seul critère empêche l'invocation de la force majeure.
  • Effets juridiques : La force majeure entraîne la suspension du contrat si l'empêchement est temporaire, ou sa résolution de plein droit si l'empêchement est définitif, sans intervention du juge.
  • Procédure d'activation : L'invocation nécessite une notification écrite immédiate au cocontractant, accompagnée de preuves tangibles de l'événement et de son impact direct sur l'exécution.
  • Jurisprudence récente : Depuis 2020, les tribunaux adoptent une approche casuistique : la COVID-19 a été reconnue comme force majeure pour certains contrats conclus avant mars 2020, mais rejetée pour les obligations de payer des loyers commerciaux.

Qu'est-ce que la force majeure ?

La force majeure est un concept juridique qui permet à une partie contractante d'être exonérée de ses obligations lorsqu'un événement exceptionnel rend l'exécution du contrat impossible. Ce mécanisme protège les entreprises face à des situations hors de leur contrôle, tout en garantissant un équilibre entre les parties. Il s'applique à tous types de contrats : commerciaux, de prestation, baux ou contrats de travail.

Définition légale selon le Code civil

Depuis la réforme du droit des contrats d'octobre 2016, l'article 1218 du Code civil définit précisément la force majeure :

« Il y a force majeure en matière contractuelle lorsqu'un événement échappant au contrôle du débiteur, qui ne pouvait être raisonnablement prévu lors de la conclusion du contrat et dont les effets ne peuvent être évités par des mesures appropriées, empêche l'exécution de son obligation par le débiteur. »

Article 1218 du Code civil

Cette définition codifie la jurisprudence antérieure et apporte une sécurité juridique accrue. Elle introduit également un changement majeur : en cas d'empêchement définitif, la résolution du contrat intervient désormais de plein droit, sans nécessiter de saisir le juge.

Les trois critères cumulatifs

Pour qu'un événement soit qualifié de force majeure, trois conditions doivent être réunies simultanément :

Extériorité

L'événement doit échapper au contrôle du débiteur. Il ne peut s'agir d'une situation interne à l'entreprise (grève du personnel, défaillance organisationnelle, difficultés financières). L'événement doit provenir de l'extérieur et être indépendant de la volonté de la partie qui l'invoque.

Imprévisibilité

L'événement ne devait pas pouvoir être raisonnablement prévu au moment de la signature du contrat. Cette condition est appréciée au cas par cas : un événement prévisible pour certains contrats peut être imprévisible pour d'autres selon la date de conclusion et le contexte.

Irrésistibilité

Les effets de l'événement ne peuvent être évités par des mesures appropriées. Le débiteur doit démontrer qu'il a tenté toutes les solutions alternatives raisonnables (fournisseurs de secours, sites alternatifs, réorganisation). Cette obligation de mitigation est essentielle : une absence d'efforts peut conduire au rejet de l'invocation de la force majeure.

L'absence d'un seul critère suffit à écarter la qualification de force majeure. Les trois conditions sont cumulatives et d'interprétation stricte par les tribunaux.

Bon à savoir

La simple difficulté d'exécution ou l'augmentation des coûts ne constituent pas une force majeure. Dans ces cas, c'est la théorie de l'imprévision (article 1195 du Code civil) qui peut s'appliquer, imposant une renégociation du contrat plutôt qu'une exonération.

Dans quels cas invoquer la force majeure ?

La qualification d'un événement comme force majeure dépend fortement du contexte et de la jurisprudence. Les tribunaux adoptent une approche restrictive pour préserver la sécurité juridique des contrats.

Événements reconnus par la jurisprudence

Certains événements sont traditionnellement admis comme force majeure :

  • Catastrophes naturelles : séismes, inondations majeures, ouragans, tsunamis
  • Guerres et conflits armés : invasions, zones de guerre empêchant l'exécution
  • Décisions d'autorité publique : réquisition, interdiction d'importer, fermeture administrative obligatoire imposée par les pouvoirs publics
  • Épidémies majeures : sous certaines conditions strictes (voir ci-dessous)

Le tableau suivant synthétise les principaux cas d'application :

Type d'événement

Généralement admis ?

Conditions et nuances

Catastrophes naturelles

✅ Oui

Si imprévisible et impact direct sur l'exécution

Pandémies (COVID-19)

⚠️ Selon date contrat

Admis avant mars 2020, rejeté après

Grèves internes

❌ Non

Pas extérieur au débiteur

Cyberattaques

⚠️ Selon gravité

Seulement si sophistiquées (DDoS massif)

Obligations de paiement

❌ Non

Jurisprudence constante : jamais exonérées

Sanctions internationales

⚠️ Selon prévisibilité

Dépend de la date du contrat

À l'inverse, certains événements sont généralement rejetés par les tribunaux :

  • Difficultés économiques : crise économique, perte de clientèle, concurrence accrue
  • Grèves internes : mouvement social au sein de l'entreprise du débiteur
  • Défaillances techniques prévisibles : panne informatique, virus informatiques classiques
  • Obligations de payer : les obligations monétaires ne peuvent pratiquement jamais être exonérées par force majeure

Le cas particulier de la COVID-19

La pandémie de COVID-19 a généré une jurisprudence abondante et nuancée. Les tribunaux ont retenu une approche casuistique, analysant chaque situation individuellement.

Force majeure admise

  • Contrats événementiels conclus avant mars 2020 (salons, congrès, mariages)
  • Prestations nécessitant une présence physique rendue impossible par le confinement
  • Impossibilité matérielle absolue d'exécution liée aux restrictions sanitaires

Force majeure rejetée

  • Obligations de payer des loyers commerciaux pendant le confinement (Cour de cassation, 30 juin 2022)
  • Contrats conclus après mars 2020 : la pandémie était alors prévisible
  • Simples difficultés économiques liées à la baisse d'activité

Important

Depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 26 février 2025, la reconnaissance de la COVID-19 comme force majeure entraîne l'obligation de restitution intégrale des sommes déjà versées, conformément à l'article 1229 alinéa 3 du Code civil.

Comment rédiger une clause de force majeure efficace ?

Une clause de force majeure bien rédigée sécurise vos contrats et limite les contentieux. Elle doit être claire, équilibrée et adaptée à votre secteur d'activité.

Les éléments essentiels à inclure

1. Définition de la force majeure

Reprenez la définition légale de l'article 1218 et précisez éventuellement les trois critères (extériorité, imprévisibilité, irrésistibilité). Vous pouvez enrichir cette définition contractuelle tout en restant cohérent avec le droit commun.

2. Liste indicative d'événements

Indiquez des exemples d'événements susceptibles de constituer une force majeure : catastrophes naturelles, épidémies, conflits armés, décisions gouvernementales, cyberattaques sophistiquées. Précisez bien que cette liste est non exhaustive pour ne pas limiter la portée de la clause.

3. Procédure de notification

Détaillez les obligations de la partie invoquant la force majeure :

  • Délai de notification (par exemple : sous 15 jours suivant la survenance de l'événement)
  • Forme de la notification (lettre recommandée avec accusé de réception)
  • Contenu : description de l'événement, impact sur l'exécution, durée prévisible

4. Effets de la force majeure

Précisez clairement les conséquences :

  • Suspension de l'exécution pendant la durée de l'empêchement
  • Suspension des pénalités de retard
  • Résolution de plein droit si l'empêchement dure au-delà d'un certain seuil (par exemple : 120 jours consécutifs)
  • Sort des obligations déjà exécutées et modalités de restitution

5. Obligations maintenues

Mentionnez les obligations qui subsistent malgré la force majeure :

  • confidentialité
  • restitution de documents
  • paiement des prestations déjà réalisées
  • obligations de sécurité.

Erreurs fréquentes à éviter

Clause trop restrictive

Limiter la force majeure à une liste fermée d'événements peut vous empêcher d'invoquer un événement imprévu non mentionné. Privilégiez toujours une liste indicative avec la mention « notamment » ou « sans que cette liste soit limitative ».

Absence de procédure de notification

Sans formalisme précis, la partie adverse peut contester la validité de l'invocation et arguer d'une notification tardive ou irrégulière.

Déséquilibre en B2C

En droit de la consommation, une clause de force majeure trop favorable au professionnel peut être jugée abusive et annulée. Veillez à ce que la clause soit réciproque et n'exonère pas le professionnel de toute responsabilité de manière excessive.

Incohérence avec les autres clauses

Vérifiez que la clause de force majeure est cohérente avec les clauses contractuelles obligatoires, notamment les clauses de résiliation, de pénalités, de garantie et de responsabilité. Une contradiction peut rendre l'ensemble du mécanisme inefficace.

Attention

Ne confondez pas force majeure et imprévision. Si vous prévoyez des mécanismes pour gérer l'augmentation des coûts ou les bouleversements économiques, prévoyez une clause distincte d'adaptation ou de hardship (article 1195 du Code civil).

Force majeure vs Hardship (imprévision) : quelle clause choisir ?

Ces deux mécanismes juridiques répondent à des situations différentes et peuvent coexister dans un même contrat.

Critère

Force majeure (art. 1218)

Hardship / Imprévision (art. 1195)

Situation

Impossibilité absolue d'exécuter

Exécution excessivement onéreuse

Effet

Suspension ou résolution de plein droit

Obligation de renégociation

Exonération

Totale (pas de responsabilité)

Aucune (maintien de l'exécution pendant négociation)

Exemples

Catastrophe naturelle, guerre, pandémie

Inflation majeure, hausse des matières premières

Recours judiciaire

Facultatif (résolution automatique si définitif)

Possible (adaptation ou résolution judiciaire)

Bon à savoir

En droit international, la Convention de Vienne (CVIM) reconnaît également la force majeure à l'article 79, avec des critères similaires au droit français. Les Principes UNIDROIT 2016 prévoient quant à eux des mécanismes de force majeure et de hardship articulés, offrant une flexibilité accrue dans les contrats transfrontières.

Conseil pratique :

Pour les contrats de longue durée (3 ans et plus), prévoyez les deux clauses : force majeure pour les impossibilités absolues, et hardship pour les déséquilibres économiques majeurs nécessitant une renégociation.

Comment activer une clause de force majeure ?

L'invocation de la force majeure nécessite de respecter une procédure rigoureuse et de constituer un dossier probatoire solide.

La procédure de notification

1. Notifier immédiatement

Dès la survenance de l'événement ou la prise de conscience de son impact, notifiez votre cocontractant par écrit. Un délai trop long affaiblit votre crédibilité et peut être interprété comme une tentative de justification a posteriori.

2. Respecter le formalisme contractuel

Si votre contrat prévoit un mode de notification spécifique (lettre recommandée, email avec accusé, huissier), respectez-le scrupuleusement. À défaut, privilégiez la lettre recommandée avec accusé de réception pour constituer une preuve opposable.

3. Contenu de la notification

Votre notification doit comporter :

  • La description précise de l'événement invoqué
  • La date de survenance
  • L'impact direct sur l'exécution de vos obligations contractuelles
  • Les mesures de mitigation déjà mises en œuvre ou envisagées
  • La durée prévisible de l'empêchement
  • Les pièces justificatives en annexe

4. Maintenir une communication régulière

Même après la notification initiale, informez régulièrement votre cocontractant de l'évolution de la situation et des démarches entreprises pour tenter de reprendre l'exécution.

Exemple concret :

Une entreprise de logistique ne peut livrer ses marchandises en raison d'une inondation majeure bloquant l'autoroute A7. Elle notifie immédiatement son client par lettre recommandée, joint des photos géolocalisées de la zone inondée, un bulletin Météo-France confirmant l'événement exceptionnel, et un arrêté préfectoral de fermeture de l'axe routier. Elle mentionne également ses tentatives d'itinéraires alternatifs (tous saturés ou impraticables). Cette documentation solide et l'immédiateté de la notification facilitent la reconnaissance de la force majeure.

Les preuves à constituer

La charge de la preuve repose sur celui qui invoque la force majeure. Vous devez démontrer que les trois critères cumulatifs sont remplis et que l'événement rend effectivement l'exécution impossible.

Documents essentiels à rassembler :

  • Preuves officielles : arrêtés préfectoraux, décrets gouvernementaux, fermetures administratives obligatoires, bulletins Météo-France pour catastrophes naturelles
  • Preuves factuelles : photos datées, vidéos, constats d'huissier, témoignages de tiers, attestations de fournisseurs ou prestataires
  • Chronologie détaillée : établissez un historique précis des événements et de leur impact sur l'exécution du contrat
  • Tentatives de mitigation : conservez les traces de vos démarches pour trouver des solutions alternatives (demandes de devis auprès de fournisseurs de secours, recherches de sites alternatifs, courriels de coordination interne)

Bon à savoir

L'obligation de mitigation est scrutée par les tribunaux. Ne pas avoir tenté de limiter les conséquences de l'événement par des mesures appropriées peut conduire au rejet de l'invocation de la force majeure, même si l'événement remplit les trois critères.

Quels sont les effets de la force majeure sur un contrat ?

Les conséquences juridiques de la force majeure varient selon que l'empêchement est temporaire ou définitif.

Suspension ou résolution du contrat

En cas d'empêchement temporaire :

Le contrat est suspendu pendant toute la durée de l'événement de force majeure. Les obligations des deux parties sont gelées :

  • Le débiteur empêché n'a pas à exécuter ses prestations
  • Le créancier ne peut pas exiger l'exécution ni appliquer de pénalités de retard
  • Les délais contractuels sont reportés d'autant
  • La relation contractuelle reprend dès la disparition de l'événement

En cas d'empêchement définitif :

Le contrat est résolu de plein droit, c'est-à-dire automatiquement, sans qu'il soit nécessaire de saisir le juge (article 1218 alinéa 2 du Code civil). Cette résolution intervient immédiatement dès lors que l'impossibilité d'exécution est définitive.

À noter

Si votre clause contractuelle prévoit un seuil de durée (par exemple 120 jours), l'empêchement devient définitif au-delà de ce délai, déclenchant la résolution automatique.

L'obligation de restitution

Lorsque le contrat est résolu pour force majeure, l'article 1229 alinéa 3 du Code civil impose la restitution intégrale des prestations déjà fournies.

Concrètement :

  • Le créancier doit restituer les sommes versées (acomptes, avances)
  • Le débiteur doit restituer les biens ou services reçus, sauf impossibilité matérielle
  • Les restitutions doivent être réciproques et simultanées

Cette obligation a été rappelée par la Cour de cassation dans son arrêt du 26 février 2025 concernant des contrats annulés pour force majeure COVID-19 : les organisateurs ont dû rembourser intégralement les participants, malgré les frais déjà engagés.

Important

L'exonération de responsabilité liée à la force majeure ne supprime pas l'obligation de restitution. Vous n'aurez pas à payer de dommages-intérêts, mais vous devrez rendre ce qui a été reçu.

En résumé : les points clés à retenir

Avant la signature du contrat :

  • Rédigez une clause de force majeure claire avec définition, procédure et effets
  • Listez des événements indicatifs sans fermer la liste
  • Prévoyez un seuil de résolution (ex: 120 jours)
  • Articulez avec une clause de hardship pour les contrats longs

En cas d'événement exceptionnel :

  • Notifiez immédiatement par écrit (lettre recommandée)
  • Constituez un dossier de preuves complet (documents officiels, photos, attestations)
  • Documentez toutes vos tentatives de mitigation (fournisseurs alternatifs, solutions de secours)
  • Maintenez une communication régulière avec votre cocontractant

Si vous recevez une notification :

  • Vérifiez la réunion des 3 critères cumulatifs (extériorité, imprévisibilité, irrésistibilité)
  • Demandez les justificatifs probants
  • Contrôlez que les tentatives de mitigation ont été réalisées
  • Contestez dans les délais si l'invocation vous paraît abusive

À ne jamais oublier :

  • Les obligations monétaires ne sont jamais exonérées par force majeure
  • L'absence d'un seul critère suffit à écarter la force majeure
  • La résolution pour force majeure entraîne restitution intégrale des sommes versées
  • Une notification tardive affaiblit considérablement votre position juridique

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Conclusion

La clause de force majeure constitue un mécanisme de protection essentiel pour toute entreprise face aux événements exceptionnels. Depuis la réforme de 2016, son cadre juridique est plus clair, mais son invocation reste soumise à des conditions strictes : extériorité, imprévisibilité et irrésistibilité doivent être cumulativement démontrées.

Pour sécuriser vos contrats, rédigez des clauses précises incluant définition, procédure de notification et effets détaillés. En cas d'événement imprévisible, respectez scrupuleusement la procédure d'activation et constituez un dossier probatoire solide. N'oubliez pas : l'obligation de mitigation est centrale, et les tribunaux scrutent vos efforts pour limiter les conséquences de l'événement.

FAQ : Clause de force majeure

  • Quelle est la différence entre force majeure et imprévision ?

    La force majeure (article 1218) concerne l'impossibilité absolue d'exécuter le contrat en raison d'un événement imprévisible et irrésistible, entraînant suspension ou résolution. L'imprévision (article 1195) vise les situations où l'exécution devient excessivement onéreuse sans être impossible, imposant une renégociation du contrat entre les parties.

  • Peut-on invoquer la force majeure pour une obligation de paiement ?

    Non. La jurisprudence considère de manière constante que les obligations monétaires ne peuvent jamais être exonérées par la force majeure. Même en cas d'événement exceptionnel, le débiteur reste tenu de payer ses dettes. La Cour de cassation a confirmé ce principe pour les loyers commerciaux pendant la COVID-19.

  • Combien de temps après l'événement peut-on invoquer la force majeure ?

    La notification doit être effectuée immédiatement ou dans le délai prévu par le contrat (généralement 15 à 30 jours). Une notification tardive affaiblit considérablement votre position juridique et peut être interprétée comme une tentative de justification après coup. Plus vous attendez, plus vous devrez prouver que le retard était lui-même justifié.

  • La COVID-19 est-elle toujours reconnue comme force majeure ?

    Non, de manière automatique. Les tribunaux adoptent une approche casuistique : pour les contrats conclus avant mars 2020, la COVID-19 peut être reconnue comme force majeure si elle rendait l'exécution impossible. Pour les contrats conclus après cette date, la pandémie était prévisible et ne peut généralement plus être invoquée.

  • Une clause de force majeure peut-elle être abusive en B2C ?

    Oui. En droit de la consommation, une clause qui exonère le professionnel de toute responsabilité de manière excessive ou qui crée un déséquilibre significatif au détriment du consommateur peut être annulée comme abusive (article L.212-1 du Code de la consommation). La clause doit être réciproque et proportionnée.

  • Quels documents dois-je conserver en cas de force majeure ?

    Constituez un dossier complet comprenant : arrêtés officiels et décisions d'autorité publique, bulletins météo (catastrophes naturelles), photos et vidéos datées, constats d'huissier, attestations de fournisseurs, chronologie détaillée, et preuves de vos tentatives de mitigation (devis fournisseurs alternatifs, recherches de solutions). Plus votre documentation est solide et immédiate, plus votre position juridique sera forte.

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