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La réglementation LCB-FT : Tout ce qu'il faut savoir

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La réglementation LCB-FT (Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme) constitue un pilier fondamental de la sécurité financière en France et en Europe. Face à l'évolution constante des menaces, le cadre législatif se renforce pour protéger l'intégrité du système financier et prévenir les activités illicites.

En 2025, les professionnels assujettis doivent composer avec des obligations de plus en plus strictes, tout en assurant la conformité avec le RGPD. Avec plus de 211 000 déclarations de soupçon reçues en 2024 par Tracfin , soit une hausse de 13,2 % par rapport à 2023, la mobilisation des professionnels s'intensifie.

Cet article vous propose un tour d'horizon complet de la réglementation LCB-FT : définitions, obligations, sanctions, statistiques et bonnes pratiques pour assurer votre conformité.

Résumé en bref

  • Définition : La réglementation LCB-FT vise à lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en imposant des obligations de vigilance aux professionnels.
  • Cadre juridique : Code monétaire et financier (articles L.561-1 et suivants), transposition des directives européennes AMLD5 et AMLD6.
  • Entités concernées : 50 professions assujetties dont banques, assureurs, experts-comptables, avocats, notaires, agents immobiliers, casinos, marchands d'art, prestataires de crypto-actifs, etc.
  • Chiffres clés 2024 : 211 165 déclarations de soupçon reçues par Tracfin (+13,2 %), 2,1 Md€ d'enjeux financiers détectés.
  • Sanctions : Amendes administratives jusqu'à 5 millions d'euros ou 10% du CA, peines d'emprisonnement pour blanchiment (5 à 10 ans).
  • Articulation RGPD : Les traitements LCB-FT reposent sur une base légale (obligation légale, article 6.1.c du RGPD).

Qu'est-ce que la réglementation LCB-FT ?

Définition et objectifs

La réglementation LCB-FT désigne l'ensemble des dispositions législatives et réglementaires visant à :

  • Prévenir l'utilisation du système financier pour blanchir des fonds d'origine criminelle.
  • Lutter contre le financement du terrorisme en détectant et signalant les flux financiers suspects.
  • Protéger l'intégrité économique en sécurisant les transactions financières et commerciales.
  • Assurer la transparence des opérations économiques et financières.

Le blanchiment de capitaux consiste à dissimuler l'origine illicite de fonds provenant d'activités criminelles (trafic de drogue, corruption, fraude fiscale, cybercriminalité, etc.). Le processus se déroule généralement en trois phases :

  1. Placement : introduction des fonds illicites dans le système financier légal.
  2. Empilage (layering) : multiplication des transactions pour brouiller l'origine des fonds.
  3. Intégration : réinjection des fonds "blanchis" dans l'économie légale.

Le financement du terrorisme, quant à lui, englobe tout acte visant à soutenir financièrement des organisations ou activités terroristes, que les fonds proviennent d'activités légales ou illégales.

Un enjeu mondial en constante évolution

Selon le rapport de Tracfin sur l'état de la menace 2022-2023 , les typologies de blanchiment évoluent constamment avec l'apparition de nouvelles technologies et pratiques économiques :

  • Recours croissant aux crypto-actifs : utilisés aussi bien pour le blanchiment de fonds issus de cyberattaques (ransomware) que pour la fraude fiscale via des NFT.
  • Montages complexes impliquant des sociétés écrans dans des juridictions à faible fiscalité.
  • Utilisation de plateformes de financement participatif pour dissimuler l'origine des fonds.
  • Exploitation de secteurs à forte intensité de cash (restauration, commerce de détail, jeux d'argent).

En 2024, Tracfin a franchi pour la première fois le cap des 200 000 déclarations de soupçon avec 211 165 signalements, illustrant l'appropriation croissante du dispositif par les professionnels assujettis.

Le cadre juridique français et européen

Le dispositif LCB-FT français repose sur plusieurs textes fondamentaux :

Au niveau national

  • Code monétaire et financier (CMF) : articles L.561-1 et suivants définissent les obligations des professionnels assujettis.
  • Code pénal : article 324-1 punit le blanchiment de capitaux de 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende.

Au niveau européen

  • 4e directive anti-blanchiment (AMLD4, 2015/849) : harmonisation des obligations de vigilance dans l'UE.
  • 5e directive anti-blanchiment (AMLD5, 2018/843) : renforcement des obligations (registres des bénéficiaires effectifs, crypto-actifs). Transposée en France par l'ordonnance du 12 février 2020.
  • 6e directive anti-blanchiment (Directive UE 2024/1640) : adoptée le 31 mai 2024, entrée en vigueur le 9 juillet 2024. Elle renforce l'harmonisation des sanctions pénales et introduit de nouvelles obligations de transparence.

Les autorités de supervision

  • Tracfin : service de renseignement financier rattaché au ministère de l'Économie, reçoit et analyse les déclarations de soupçon.
  • ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) : supervise les établissements financiers et prononce les sanctions administratives.
  • GAFI (Groupe d'Action Financière) : organisme intergouvernemental fixant les normes internationales en matière de LCB-FT.

Qui est concerné par la réglementation LCB-FT ?

Les 50 professions assujetties

La réglementation LCB-FT s'applique à 50 professions définies par l'article L.561-2 du Code monétaire et financier. Voici un aperçu détaillé :

Secteur financier (93,1 % des déclarations en 2024)

Catégorie

Entités assujetties

Part dans les déclarations 2024

Banques et établissements de crédit

Banques commerciales, banques d'investissement, caisses d'épargne

57,2 %

Assurances

Compagnies d'assurance, mutuelles, courtiers en assurance

~10 %

Services de paiement

Établissements de paiement, établissements de monnaie électronique

En forte hausse

Crypto-actifs

Prestataires de services sur actifs numériques (PSAN)

3 073 déclarations (+112,1 % vs 2023)

Gestion d'actifs

Sociétés de gestion, conseillers en investissement financier, fonds de capital-investissement

-

Plateformes de financement participatif

Crowdfunding, crowdlending

-

Changeurs manuels

Bureaux de change, sociétés de transfert de fonds

-

Professions juridiques et du chiffre

Profession

Activités concernées

Nombre de déclarations 2024

Notaires

Transactions immobilières, création de sociétés, gestion de patrimoine

Actifs (part non financière : 6,9 %)

Avocats

Opérations financières ou immobilières pour leurs clients

15 déclarations seulement (malgré 75 000 avocats en exercice)

Experts-comptables

Conseil en création d'entreprise, gestion de transactions

Peu actifs

Commissaires aux comptes

Contrôle légal des comptes

-

Commissaires de justice

Recouvrement, ventes aux enchères

-

Secteur immobilier

  • Agents immobiliers
  • Promoteurs immobiliers (pour transactions ≥ 10 000 € de loyer mensuel)
  • Administrateurs de biens

Commerce d'art, de luxe et jeux

Secteur

Seuil d'assujettissement

Évolution 2024

Marchands d'œuvres d'art, antiquaires

≥ 10 000 €

-

Joailliers, négociants en pierres précieuses

≥ 10 000 €

-

Opérateurs de ventes volontaires

Toute transaction

+254,4 % (de 81 à 287 déclarations)

Casinos physiques

≥ 2 000 €

-

Opérateurs de paris en ligne

-

-

Entreprises de jeux à objets numériques monétisables (JONUM)

Nouveau depuis 2024

Premières déclarations attendues

Autres professions

  • Agents sportifs : assujettis depuis 2010, mais aucune déclaration reçue à ce jour malgré un risque élevé.
  • Opérateurs de ventes aux enchères
  • Prestataires de domiciliation
  • Gestionnaires de crédit : nouveauassujettis en 2024.

Professions bientôt assujetties

Dans le cadre du 6e paquet LCB-FT européen (printemps 2024), de nouvelles professions seront intégrées :

  • Négociants de biens de grande valeur
  • Clubs de football professionnels

Une mobilisation inégale selon les secteurs

Bon à savoir :

En 2024, le secteur financier représente 93,1 % des déclarations de soupçon, tandis que le secteur non financier ne représente que 6,9 %, malgré une hausse de +25,7 % par rapport à 2023. Les avocats, avec seulement 15 déclarations pour 75 000 professionnels, illustrent la sous-déclaration chronique de certaines professions réglementées.

Quelles sont les obligations LCB-FT ?

Les mesures de vigilance client (KYC — Know Your Customer)

Les professionnels assujettis doivent identifier et vérifier l'identité de leurs clients avant toute entrée en relation d'affaires ou opération dépassant un certain seuil.

Les 4 piliers de l'identification client

1. Vérification d'identité des personnes physiques

  • Présentation d'un document officiel en cours de validité (carte nationale d'identité, passeport, titre de séjour).
  • Vérification de la cohérence des informations : nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse, nationalité.
  • Conservation d'une copie du document pendant 5 ans minimum.

2. Identification du bénéficiaire effectif

Conformément à l'article R.561-1 du Code monétaire et financier, le bénéficiaire effectif est la personne physique qui :

  • Détient plus de 25 % du capital ou des droits de vote d'une entité, OU
  • Exerce un contrôle sur les organes de direction de l'entité, OU
  • Est le représentant légal si aucune autre personne ne répond aux critères.

Cette obligation vise à prévenir l'utilisation de structures opaques (sociétés écrans, trusts, fondations) pour dissimuler l'identité des véritables propriétaires.

3. Collecte d'informations sur l'objet de la relation d'affaires

  • Nature de l'activité professionnelle du client.
  • Origine des fonds et des ressources économiques.
  • Objet et nature prévue de la relation d'affaires.

4. Actualisation régulière des informations

Les professionnels doivent maintenir leurs données client à jour, particulièrement en cas de changement de situation (adresse, activité professionnelle, structure de propriété).

Seuils de déclenchement des mesures KYC

Les seuils varient selon les activités :

Activité

Seuil

Opérations bancaires et financières courantes

Variable selon la nature de l'opération (souvent dès 1 000 €)

Jeux et casinos

2 000 € par transaction

Commerce d'œuvres d'art, pierres précieuses, métaux précieux

10 000 €

Transactions immobilières

Selon la nature de l'opération

Prestataires de services sur actifs numériques

Toute opération

Attention

Ces seuils s'appliquent aux opérations occasionnelles. Toute relation d'affaires régulière nécessite une vérification systématique, quel que soit le montant.

La vigilance renforcée pour les clients à haut risque

Certaines catégories de clients nécessitent des mesures de vigilance renforcée :

1. Personnes Politiquement Exposées (PPE)

Les PPE sont des personnes exerçant ou ayant exercé des fonctions publiques importantes :

  • Chefs d'État, membres de gouvernement, parlementaires.
  • Membres de cours suprêmes, hauts magistrats.
  • Dirigeants d'entreprises publiques.
  • Membres de leur famille proche et associés connus.

Mesures supplémentaires pour les PPE :

  • Obtention de l'approbation de la direction avant d'établir la relation.
  • Mise en place de mesures pour déterminer l'origine du patrimoine et des fonds.
  • Surveillance renforcée de la relation d'affaires.

2. Relations avec des pays à risque élevé

  • Pays figurant sur les listes du GAFI (Groupe d'Action Financière).
  • Pays soumis à des sanctions internationales (ex. : registre des gels des avoirs) .
  • Juridictions à fiscalité faible ou nulle.

3. Transactions complexes ou inhabituelles

  • Opérations sans justification économique apparente.
  • Montants disproportionnés par rapport au profil du client.
  • Structuration des opérations pour éviter les seuils de déclaration.

Déclaration de soupçon à Tracfin

Les professionnels doivent signaler immédiatement à Tracfin toute opération suspecte.

Qu'est-ce qu'une opération suspecte ?

Une opération est suspecte lorsque le professionnel sait, soupçonne ou a de bonnes raisons de soupçonner que :

  • Les fonds proviennent d'une infraction punissable d'au moins un an de prison.
  • L'opération est liée au financement du terrorisme.
  • L'opération présente des caractéristiques inhabituelles sans justification économique.

Chiffres clés 2024 des déclarations de soupçon

Selon le rapport d'activité de Tracfin 2024 :

  • 211 165 déclarations de soupçon reçues (+13,2 % vs 2023).
  • 2,1 milliards d'euros d'enjeux financiers détectés, dont 1,5 Md€ en matière de fraude fiscale.
  • 1 687 informations reçues des cellules de renseignement financier étrangères.
  • Secteur financier : 93,1 % des déclarations.
  • Secteur non financier : 6,9 % (+25,7 % vs 2023).

Top 3 des déclarants :

  1. Banques et établissements de crédit : 57,2 %
  2. Établissements de paiement et PSAN : forte progression (+112,1 % pour les PSAN)
  3. Assurances : ~10 %

Obligation de confidentialité absolue

Informer le client qu'une déclaration de soupçon a été effectuée constitue une infraction pénale (délit d'entrave) , punie d'une amende de 22 500 €.

Les professionnels doivent maintenir le secret le plus strict sur :

  • L'existence de la déclaration.
  • Le contenu de la déclaration.
  • Les suites données par Tracfin.

Conservation des documents et des données

Les entités assujetties doivent conserver pendant au moins 5 ans après la fin de la relation d'affaires :

  • Les documents d'identification du client et du bénéficiaire effectif.
  • Les pièces justificatives relatives aux transactions (contrats, factures, relevés bancaires).
  • Les analyses de risque et les mesures de vigilance mises en œuvre.
  • Les échanges avec le client (emails, courriers, notes internes).

Cette obligation de conservation est essentielle pour permettre aux autorités de contrôle (ACPR, Tracfin, autorités judiciaires) de mener des investigations rétrospectives.

Évaluation des risques et approche basée sur les risques

L'analyse de risques : une obligation centrale

Chaque entité assujettie doit réaliser une cartographie des risques LCB-FT (conforme aux lignes directrices de l'ACPR) en tenant compte de plusieurs facteurs :

1. Risques liés aux clients

  • Catégorie de client (particulier, professionnel, PPE).
  • Pays de résidence ou de nationalité.
  • Secteur d'activité.
  • Comportement transactionnel.

2. Risques liés aux produits et services

  • Produits anonymes ou à forte liquidité.
  • Produits facilitant les transferts internationaux.
  • Crypto-actifs et actifs numériques.

3. Risques liés aux zones géographiques

  • Pays figurant sur les listes du GAFI.
  • Juridictions à risque fiscal.
  • Zones de conflit ou soumises à sanctions.

4. Risques liés aux canaux de distribution

  • Relations sans face-à-face.
  • Intermédiaires non régulés.
  • Plateformes en ligne.

Adapter les mesures de vigilance selon le risque

L'approche basée sur les risques permet d'allouer les ressources de manière proportionnée :

Niveau de risque

Mesures de vigilance

Risque faible

Vigilance simplifiée : vérifications allégées, actualisation moins fréquente

Risque standard

Vigilance normale : respect des obligations de base

Risque élevé

Vigilance renforcée : approbation hiérarchique, surveillance accrue, investigation approfondie de l'origine des fonds

Dispositif de contrôle interne et formation

Désignation d'un responsable de la conformité

Toute entité assujettie doit désigner un responsable de la conformité LCB-FT chargé de :

  • Élaborer et mettre à jour les procédures internes.
  • Former les collaborateurs exposés.
  • Superviser les déclarations de soupçon.
  • Assurer la liaison avec les autorités (Tracfin, ACPR).
  • Réaliser des audits périodiques.

Formation obligatoire des collaborateurs

Les professionnels doivent former régulièrement leurs équipes aux :

  • Obligations légales LCB-FT.
  • Typologies de blanchiment et signaux d'alerte.
  • Procédures internes de détection et de déclaration.
  • Sanctions encourues en cas de non-respect.

Quelles sanctions en cas de non-respect ?

Sanctions administratives

Les autorités de contrôle (principalement l'ACPR pour le secteur financier) peuvent infliger des sanctions administratives en cas de manquement aux obligations LCB-FT.

Montants des sanctions administratives

Type de sanction

Montant maximum

Amende pour personne morale

5 millions d'euros OU 10 % du chiffre d'affaires annuel (le plus élevé des deux)

Amende pour personne physique (dirigeant)

5 millions d'euros

Avertissement public

Publication de la sanction (atteinte à la réputation)

Interdiction d'exercer

Temporaire ou définitive

Révocation des dirigeants

Déchéance du droit d'exercer

Exemples de sanctions récentes

En 2023, plusieurs établissements financiers ont été sanctionnés par l'ACPR pour des manquements graves :

  • Défaillances dans le dispositif de vigilance : absence de mise à jour des informations client, défaut de surveillance des opérations.
  • Déclarations de soupçon tardives : non-respect des délais légaux.
  • Absence de formation des collaborateurs.

Sanctions pénales

Les infractions de blanchiment de capitaux sont sévèrement réprimées .

Blanchiment simple (article 324-1 du Code pénal)

  • 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende.

Blanchiment aggravé (article 324-2 du Code pénal)

En cas de circonstances aggravantes (blanchiment en bande organisée, utilisation de facilités professionnelles, blanchiment habituel) :

  • 10 ans d'emprisonnement et 750 000 € d'amende.

Violation du secret de la déclaration de soupçon

  • Amende de 22 500 € pour les professionnels ayant divulgué l'existence ou le contenu d'une déclaration de soupçon .

Peines complémentaires

  • Interdiction d'exercer une activité professionnelle.
  • Confiscation des biens ayant servi à commettre l'infraction.
  • Publication du jugement.
  • Dissolution de la personne morale.

Sanctions pour les professionnels réglementés

Les ordres professionnels (avocats, notaires, experts-comptables) peuvent également prononcer des sanctions disciplinaires :

  • Avertissement, blâme.
  • Suspension temporaire.
  • Radiation du tableau de l'ordre.

Articulation entre LCB-FT et RGPD

LCB-FT et protection des données personnelles

La mise en œuvre de la réglementation LCB-FT implique nécessairement le traitement de données personnelles (identité, adresse, revenus, origine des fonds, transactions). Ces traitements doivent être conformes au RGPD.

Base légale : obligation légale (article 6.1.c du RGPD)

Les traitements de données effectués dans le cadre de la LCB-FT reposent sur une obligation légale (article 6.1.c du RGPD). Les professionnels ne sont pas tenus d'obtenir le consentement des clients, mais doivent les informer de la finalité du traitement.

Droits des personnes concernées et limitations

Le RGPD garantit plusieurs droits aux personnes dont les données sont traitées, mais ces droits connaissent des limitations dans le cadre LCB-FT :

Droit RGPD

Application dans le cadre LCB-FT

Droit d'information

Applicable : les clients doivent être informés de la collecte et du traitement de leurs données (mention dans les CGU/CGV).

Droit d'accès

Applicable : les clients peuvent demander l'accès à leurs données, SAUF aux informations relatives aux déclarations de soupçon.

Droit de rectification

Limité : applicable uniquement si les données sont inexactes.

Droit à l'effacement

Non applicable : les données conservées pour respecter une obligation légale (5 ans minimum) ne peuvent être effacées.

Droit d'opposition

Non applicable : le traitement LCB-FT repose sur une obligation légale.

Mesures de sécurité et durée de conservation

Les données collectées dans le cadre LCB-FT doivent être :

  • Sécurisées : chiffrement des données sensibles, contrôle d'accès strict, traçabilité des consultations.
  • Conservées uniquement pendant la durée nécessaire : 5 ans après la fin de la relation d'affaires , conformément à l'article L.561-12 du Code monétaire et financier.

Attention

La durée de conservation de 5 ans minimum imposée par la réglementation LCB-FT ne contrevient pas au principe RGPD de limitation de la durée de conservation, car elle est justifiée par l'obligation légale.

Encadrement des transferts de données à Tracfin

Lorsqu'un professionnel transmet une déclaration de soupçon à Tracfin, il effectue un transfert de données personnelles à une autorité publique. Ce transfert est licite car :

  • Il repose sur une obligation légale (article L.561-15 du CMF).
  • Tracfin est soumis aux règles de protection des données applicables aux autorités publiques.

Bonnes pratiques pour assurer la conformité LCB-FT

Former les équipes en continu

La sensibilisation et la formation continue des collaborateurs sont essentielles pour détecter les signaux d'alerte (opérations atypiques, comportements suspects).

Programme de formation recommandé :

  • Module 1 : Cadre juridique et obligations LCB-FT.
  • Module 2 : Typologies de blanchiment et signaux d'alerte.
  • Module 3 : Procédures internes de détection et de déclaration.
  • Module 4 : Sanctions encourues et responsabilités.
  • Module 5 : Cas pratiques et mises en situation.

Fréquence : Formation initiale + recyclage annuel.

Automatiser la détection des opérations suspectes

Les outils de KYC automatisé et de surveillance des transactions permettent de :

  • Vérifier l'identité des clients en temps réel (via une solution de vérification d'identité numérique comme Yousign Verify).
  • Détecter les comportements à risque grâce à l'intelligence artificielle.
  • Générer automatiquement des alertes en cas de transaction suspecte.
  • Réduire les faux positifs et optimiser le temps des équipes conformité.

Maintenir une documentation complète et à jour

Conserver une trace écrite de toutes les mesures de vigilance, des décisions de vigilance renforcée ou simplifiée, et des déclarations de soupçon permet de justifier la conformité en cas de contrôle.

Documentation recommandée :

  • Procédures internes LCB-FT.
  • Cartographie des risques.
  • Fiches client avec mesures de vigilance appliquées.
  • Registres des déclarations de soupçon.
  • Rapports d'audit et plans d'action correctifs.

Collaborer avec les autorités de contrôle

En cas de doute ou de difficulté, n'hésitez pas à solliciter l'accompagnement de Tracfin, de l'ACPR ou de votre ordre professionnel.

Tracfin propose notamment :

  • Des guides sectoriels pour accompagner les professionnels.
  • Des typologies de cas pour identifier les schémas de blanchiment.
  • Des retours d'expérience sur l'exploitation des déclarations de soupçon.

Mettre en place une veille réglementaire

Le cadre LCB-FT évolue constamment (nouvelles directives européennes, modifications législatives, jurisprudence). Une veille réglementaire active est indispensable pour :

  • Anticiper les évolutions législatives.
  • Adapter les procédures internes.
  • Former les équipes aux nouvelles obligations.

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FAQ : Vos questions sur la réglementation LCB-FT

  • Qui doit se conformer à la réglementation LCB-FT ?

    Les banques, assureurs, experts-comptables, avocats, notaires, agents immobiliers, casinos, marchands d'art, prestataires de crypto-actifs et de nombreux autres professionnels listés à l'article L.561-2 du Code monétaire et financier.

  • Qu'est-ce qu'une déclaration de soupçon à Tracfin ?

    C'est un signalement effectué par un professionnel assujetti auprès de Tracfin lorsqu'il soupçonne qu'une opération est liée au blanchiment de capitaux ou au financement du terrorisme.

  • Quelles sont les sanctions en cas de non-respect de la réglementation LCB-FT ?

    Les sanctions peuvent être administratives (amendes jusqu'à 5 millions d'euros ou 10% du CA) ou pénales (5 à 10 ans de prison et 375 000 € à 750 000 € d'amende) selon la gravité de l'infraction.

  • Combien de temps faut-il conserver les documents liés à la LCB-FT ?

    Au moins 5 ans après la fin de la relation d'affaires ou la réalisation de l'opération.

  • Comment la LCB-FT s'articule-t-elle avec le RGPD ?

    Les traitements de données LCB-FT reposent sur une base légale (obligation légale, article 6.1.c du RGPD). Les professionnels doivent informer les clients du traitement, mais n'ont pas besoin de recueillir leur consentement.

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