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Créer une filiale à l'étranger : étapes et obligations

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Créer une filiale à l'étranger offre une présence locale solide, une protection juridique de la société mère et des avantages fiscaux selon le pays choisi, mais l'implantation hors de France implique de naviguer entre des régimes juridiques étrangers, des obligations comptables locales et des formalités spécifiques. Ce guide présente les étapes clés, les obligations légales et les points de vigilance pour réussir la création de votre filiale en 2026.

Résumé en bref

  • Filiale ou succursale : la filiale est une entité juridiquement indépendante avec un capital social propre ; la succursale est un établissement stable sans personnalité juridique.
  • Les avantages d'une filiale : responsabilité limitée au capital investi, régime fiscal local potentiellement avantageux et crédibilité renforcée sur les marchés internationaux.
  • Comment choisir le pays : en analysant le cadre juridique, le taux d'imposition, la convention fiscale avec la France, la stabilité du marché visé et les spécificités de l'Union européenne (droit d'établissement facilité).
  • Les étapes de création : définir la structure, rédiger les statuts, immatriculer la filiale et organiser la gouvernance locale.
  • Les obligations fiscales : la filiale est imposée dans le pays d'accueil ; la société mère doit déclarer sa participation et respecter les règles sur les prix de transfert.

Filiale ou succursale à l'étranger : quelle différence ?

La filiale : une entité juridiquement indépendante

La filiale est une société distincte, dotée de sa propre personnalité juridique, de ses statuts et d'un capital social propre selon le droit local du pays d'implantation. Sa responsabilité est limitée à son patrimoine : les créanciers ne peuvent pas, en principe, se retourner contre la société mère au-delà de son apport. Cette séparation juridique en fait la structure privilégiée pour une activité internationale pérenne.

La succursale : un établissement stable sans personnalité juridique

La succursale est une extension directe de la société mère, sans personnalité juridique propre. Elle agit au nom de l'entreprise mère, qui supporte intégralement sa responsabilité. Sur le plan fiscal, elle constitue un établissement stable dans le pays d'accueil et expose davantage la société mère en cas de litige.

Comment choisir entre les deux formes ?

La filiale est recommandée pour une implantation durable sur un marché à fort potentiel. La succursale convient à une présence légère ou à une phase de test avant une création définitive. Le choix dépend aussi du statut fiscal recherché et des coûts de mise en conformité.

Filiale vs succursale : comparatif

Critère

Filiale

Succursale

Personnalité juridique

Oui, entité distincte

Non, extension de la mère

Responsabilité

Limitée à la filiale

Portée par la société mère

Capital social

Capital propre requis

Aucun capital distinct

Imposition

Dans le pays d'accueil

Établissement stable local

Coûts de création

Plus élevés

Plus faibles

Quels sont les avantages de créer une filiale à l'étranger ?

Une protection juridique renforcée pour la société mère

La séparation juridique protège le patrimoine de la société mère des risques liés à l'activité internationale. En cas de procédure collective contre la filiale, la responsabilité de la mère est limitée à sa participation au capital. Cette structure offre un cadre sécurisé pour mener des actions commerciales sur de nouveaux marchés.

Des avantages fiscaux selon le pays d'implantation

Certains pays offrent des régimes fiscaux attractifs pour les sociétés étrangères. La France a signé des conventions fiscales bilatérales avec plus de 120 pays pour éviter la double imposition des bénéfices. Le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) permet, sous conditions, d'exonérer en France 95 % des dividendes remontés par la filiale étrangère, avec une quote-part de frais et charges de 5 % restant imposable.

Une crédibilité accrue sur les marchés internationaux

Une filiale immatriculée localement rassure les partenaires, les clients et les administrations du pays d'accueil. Elle peut répondre à des appels d'offres publics et recruter des salariés sous le code du travail local, renforçant ainsi la légitimité commerciale de l'entreprise mère sur le marché visé.

Bon à savoir

Le régime mère-fille exonère 95 % des dividendes reçus de la filiale étrangère, sous réserve de détenir au moins 5 % du capital et de s'engager à conserver les titres pendant au moins deux ans. Une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposable.

Comment choisir le bon pays pour implanter sa filiale ?

Les critères juridiques et réglementaires

La stabilité du cadre juridique local est le premier critère : droit des sociétés, protection des investisseurs étrangers, conditions d'accès aux activités réglementées. Certains pays imposent un associé local ou un dirigeant résident. La complexité des formalités et des documents requis varie fortement d'un pays à l'autre.

Attention

Certains pays hors Union européenne imposent un associé local ou un dirigeant résident. Vérifiez ces obligations spécifiques avant d'engager les démarches pour éviter tout refus d'immatriculation.

Les critères fiscaux déterminants

Au-delà du taux d'imposition, il faut analyser les conditions de rapatriement des bénéfices, l'existence d'une convention fiscale avec la France et les règles sur les prix de transfert entre la société mère et ses filiales. Le régime fiscal du pays d'accueil impacte directement la rentabilité de l'implantation.

Les spécificités de l'Union européenne

Au sein de l'Union européenne, le droit d'établissement permet à toute société française de créer une filiale dans un autre État membre sans restriction liée à la nationalité. Les procédures sont souvent dématérialisées, les délais courts et les cadres juridiques proches du droit français. Hors Union européenne, les formalités sont plus lourdes et les délais peuvent s'étendre à plusieurs mois.

Bon à savoir

Les documents constitutifs d'une filiale étrangère doivent souvent être apostillés selon la Convention de La Haye du 5 octobre 1961, pour être reconnus par les autorités locales du pays d'implantation.

Quelles sont les étapes pour créer une filiale à l'étranger ?

Étape 1 : définir la structure juridique et le capital

Il faut choisir la forme sociale locale (limited company au Royaume-Uni, GmbH en Allemagne, SL en Espagne) et définir le montant du capital social. La société mère peut détenir 100 % du capital ou s'associer à un partenaire local. Le statut juridique retenu conditionne les obligations de conformité et le régime fiscal applicable.

Étape 2 : rédiger les statuts et constituer le dossier

Les statuts doivent être rédigés selon le droit local, traduits et parfois apostillés. Le dossier comprend les statuts signés, les pièces d'identité des actionnaires, un justificatif de siège social et une attestation de dépôt du capital. La signature électronique des statuts simplifie cette étape lorsque les signataires sont dans plusieurs pays.

Étape 3 : immatriculer la filiale et obtenir les autorisations

L'immatriculation confère à la nouvelle entité sa personnalité juridique et son numéro fiscal local. Si l'activité est réglementée, des autorisations spécifiques sont requises avant le démarrage. La filiale doit aussi ouvrir un compte bancaire distinct et établir son siège social dans le pays d'accueil.

Étape 4 : organiser la gouvernance et se conformer au droit du travail

La filiale nomme ses dirigeants selon ses statuts et le droit local. Les salariés recrutés localement sont couverts par le code du travail du pays d'accueil, souvent différent du droit français sur les obligations de l'employeur et les délais de préavis. La lecture attentive du droit du travail local est indispensable avant tout recrutement.

Bon à savoir

Au sein de l'Union européenne, les délais d'immatriculation varient de quelques jours (Estonie, Danemark avec procédures 100% en ligne) à plusieurs semaines selon les pays et le type de société. Hors UE, les formalités peuvent s'étendre de un à plusieurs mois. Un accompagnement par un avocat local est recommandé pour sécuriser le dossier.

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Quelles sont les obligations fiscales et juridiques de la filiale ?

Les obligations dans le pays d'accueil

La filiale est soumise à plusieurs obligations locales :

  • Impôt sur les sociétés : selon le taux du pays d'accueil
  • TVA locale : déclaration et collecte selon les règles locales
  • Comptes annuels : production selon les normes comptables du pays (souvent différentes du PCG français)
  • Expert-comptable local : vivement recommandé dès la première année pour garantir la conformité fiscale et juridique de l'entreprise

Les obligations de la société mère en France

La société mère doit respecter plusieurs obligations françaises :

  • Déclarer sa participation étrangère auprès de l'administration fiscale française
  • Respecter les règles sur les prix de transfert (article 57 du CGI)
  • Réaliser les transactions avec sa filiale à des conditions de marché normales, sous peine de réintégration des bénéfices dans le résultat imposable français
  • Tenir une documentation renforcée si CA ou actif brut > 150 M€ (article L13 AA du LPF)

Important

Le non-respect des règles sur les prix de transfert peut entraîner une réintégration fiscale dans le résultat imposable français. L'accompagnement d'un expert-comptable international est vivement recommandé dès la première année.

Éviter la double imposition

Sans convention fiscale bilatérale, les bénéfices de la filiale peuvent être imposés dans le pays d'accueil puis en France lors de la remontée des dividendes. Le régime mère-fille et les conventions signées par la France permettent d'éliminer cette double imposition dans la grande majorité des cas.

Bon à savoir

Les entreprises françaises dont le chiffre d'affaires annuel hors taxes ou l'actif brut dépasse 150 millions d'euros sont soumises à des obligations de documentation renforcées en matière de prix de transfert, seuil abaissé depuis la loi de finances 2024.

Conclusion

Créer une filiale à l'étranger demande une préparation rigoureuse : choix du pays, analyse du cadre juridique et fiscal, constitution du dossier et conformité aux obligations locales. Bien structurée, l'implantation internationale protège la société mère et ouvre un accès durable aux marchés étrangers. Signer les statuts et actes constitutifs à distance avec Yousign simplifie ces démarches dès les premières étapes, où que soient les signataires.

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FAQ

  • Peut-on créer une filiale à l'étranger sans associé local ?

    Oui, dans la grande majorité des pays, notamment au sein de l'Union européenne. Une société mère française peut détenir 100 % du capital. Certains pays hors UE imposent cependant un associé ou un dirigeant résident : il faut vérifier la législation locale.

  • La filiale est-elle imposée en France ou dans le pays d'accueil ?

    La filiale est imposée sur ses bénéfices dans le pays d'accueil. Lorsqu'elle verse des dividendes à la société mère française, le régime mère-fille permet d'exonérer 95 % des sommes reçues, sous conditions.

  • Quels sont les coûts de création d'une filiale en Europe ?

    Le coût total varie généralement entre 1 500 et 5 000 euros, incluant les frais d'enregistrement (37 à 500€ selon les pays), les honoraires d'avocat ou expert local (500 à 3000€), les traductions certifiées (200 à 800€) et les formalités d'apostille. Les frais administratifs seuls peuvent être très faibles (< 100€ dans certains pays de l'UE), mais l'accompagnement juridique représente la majeure partie du budget.

  • Faut-il un avocat local pour créer une filiale à l'étranger ?

    Ce n'est pas obligatoire, mais fortement recommandé. Un professionnel local garantit la conformité avec le droit des sociétés, les formalités d'immatriculation et les obligations fiscales du pays d'accueil.

  • Combien de temps faut-il pour créer une filiale à l'étranger ?

    Au sein de l'Union européenne, les délais varient de quelques jours (Estonie, Danemark avec procédures 100% en ligne) à trois semaines selon les pays et la complexité du dossier. En France, l'immatriculation prend généralement 3 à 5 jours ouvrés via le guichet unique. Hors UE, les formalités s'étendent de un à plusieurs mois selon la juridiction.

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